L’esthétique sonore du jazz-funk seventies et ses grooves denses ont frappé si fort le crâne du Latin Vintage Afro Orchestra qu’une brèche béante a fini par s’y ouvrir. C’est là que la contamination a eu lieu. Avec ses lourdes charges de sax baryton, l’afrobeat s’y est engouffré. Usant de mélodies cuivrées, l’éthiojazz s’y est insinué, filé de près par une faction de percussions venue de contrées latines. Les Fender, clavinets et autres pianos surannés ont été les derniers à s’infiltrer avant qu’on ne suture la plaie. Quand le groupe s’est remis d’aplomb, la mixture semblait invulnérable et les instruments jaillissaient du disque dans une furia organique. On refera les comptes en décembre, mais on tient là un prétendant au podium 2011.